À Dakar, un forum scientifique de haut niveau consacré à l’agenda « Femmes, paix et sécurité » a réuni, le mercredi 22 avril, experts, décideurs publics et acteurs de la société civile autour d’une réflexion stratégique sur le rôle des femmes dans la gestion des crises sécuritaires.
Organisée par Partners West Africa Sénégal avec l’appui de la National Endowment for Democracy, cette rencontre s’inscrit dans la dynamique du Forum international de Dakar sur la paix et la sécurité. Elle intervient dans un contexte régional marqué par des crises sécuritaires multiformes, où les enjeux liés aux frontières et à la souveraineté fragilisent les États et accentuent la vulnérabilité des populations.
Prenant la parole à cette occasion, le Professeur Amsatou Sow Sidibé, Présidente de la Commission nationale des droits de l’Homme du Sénégal (CNDH), a salué la pertinence de cette initiative. Elle a rappelé que les femmes demeurent les premières victimes des conflits, exposées à des violations graves de leurs droits, aux déplacements forcés et à une précarisation accrue, allant jusqu’à être instrumentalisées comme armes de guerre.
La Présidente de la CNDH a, en outre, souligné le paradoxe persistant entre la reconnaissance du rôle crucial des femmes dans les processus de paix et leur faible représentation dans les instances décisionnelles. À cet égard, elle a plaidé pour une institutionnalisation effective de leur participation et appelé à un engagement concret des États afin de passer résolument « du discours à l’action ».
Dans la même dynamique, Liberata Mulamula, envoyée spéciale de la Commission de l’Union africaine pour les femmes, la paix et la sécurité, a insisté sur la nécessité d’un engagement politique durable, exhortant les États à garantir une participation pleine et effective des femmes aux processus de paix.
De son côté, Adjaratou Warkha Aïdara Ndiaye, coordinatrice de l’ONG organisatrice et initiatrice du programme « Sentinelles », a alerté sur la recrudescence des violences faites aux femmes et aux filles. Elle a également déploré le faible niveau de ratification des instruments africains de protection, tout en mettant en lumière le rôle essentiel des femmes dans les économies locales, notamment dans le commerce transfrontalier.

Face à ces défis, elle a plaidé pour un renforcement de la présence des femmes au sein des forces de défense et de sécurité, en particulier dans les zones frontalières, avec des responsabilités accrues.
À travers sa participation, la CNDH réaffirme son engagement en faveur de la promotion et de la protection des droits des femmes, ainsi que de leur pleine implication dans les mécanismes de prévention des conflits et de consolidation de la paix.