Atelier de partage d’expériences entre les acteurs de la justice catalane et sénégalaise : une deuxième journée consacrée aux réponses institutionnelles et aux nouveaux défis des droits humains.
La deuxième journée de l’atelier de partage d’expériences entre les acteurs de la justice catalane et sénégalaise, organisé par la Commission Nationale des Droits de l’Homme du Sénégal en partenariat avec l’Institut des Inégalités de la Catalogne, a été marquée par des échanges approfondis sur les réponses institutionnelles aux violences basées sur le genre, les enjeux des droits humains à l’ère du numérique, ainsi que les conditions d’un accueil digne et protecteur des survivantes.
Les violences institutionnelles : prévenir la « revictimisation »
Les travaux se sont ouverts par une communication de la Présidente de la CNDH, Professeur Amsatou Sow Sidibé, consacrée aux violences institutionnelles, entendues comme les atteintes aux droits des personnes résultant de pratiques, de procédures ou de dysfonctionnements des institutions censées les protéger.
À travers un partage d’expériences, la Présidente a mis en évidence les risques de « revictimisation » des survivantes lorsque l’accueil, l’écoute, l’orientation ou le traitement judiciaire ne sont pas adaptés, sensibles au genre et respectueux de la dignité humaine. Elle a souligné la nécessité d’une justice centrée sur la personne, attentive à l’impact des décisions et des pratiques institutionnelles sur les victimes, et fondée sur la prévention de toute forme de violence secondaire.
Droits humains à l’ère du numérique : de nouveaux défis pour la justice
La réflexion s’est poursuivie avec une communication consacrée aux droits humains à l’ère du numérique, mettant en lumière les nouvelles formes de violences basées sur le genre dans l’espace digital. Les échanges ont porté sur le cyberharcèlement, les atteintes à la vie privée, les campagnes de désinformation genrée, ainsi que les violences structurelles et algorithmiques, qui affectent particulièrement la participation des femmes à l’espace public.
Cette séquence a permis de souligner les limites des cadres juridiques traditionnels face à ces phénomènes émergents et la nécessité d’adapter les politiques publiques, les réponses pénales et les mécanismes de protection à l’évolution des usages numériques, dans une approche fondée sur les droits humains.
La charte d’accueil des survivantes : un outil pour une prise en charge digne et respectueuse
La journée s’est achevée par la présentation de la charte d’accueil des survivantes, par l’ONG Dones amb Empenta. Cette charte repose sur des principes fondamentaux tels que l’écoute active, la confidentialité, la non-discrimination, le respect de la parole des survivantes et l’accompagnement adapté à leurs besoins.
Pensée comme un outil opérationnel, la charte vise à améliorer concrètement les pratiques d’accueil et de prise en charge au sein des institutions judiciaires, sociales et administratives, en contribuant à restaurer la confiance des survivantes dans les mécanismes de protection et de justice.
Vers des recommandations et une feuille de route communes
Au terme des échanges, les participants ont formulé des recommandations opérationnelles, consignées dans une feuille de route conjointe, visant à renforcer la prévention, la protection et la prise en charge des violences basées sur le genre. Cette feuille de route prévoit notamment le renforcement des capacités des acteurs judiciaires, l’amélioration des cadres normatifs, la prise en compte des violences numériques et la consolidation des mécanismes institutionnels de protection des survivantes.
Cette deuxième journée a ainsi permis de consolider une vision partagée d’une justice plus humaine, plus inclusive et mieux adaptée aux réalités institutionnelles et numériques.
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